Pluto, T.1 Naoki Urasawa traduit par Thibaud Desbief, Kana, 2010 190 p. 978-2-50500-872-9 Genre Manga Mots clés Première guerre mondiale Robot Parcours de lecture Lecteurs confirmés Chroniqué dans la revue n°134 Juin 2010 |
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Pluto, T.1 Le robot Mont Blanc est mort ! Le monde est endeuillé par la perte d’un individu d’exception reconnu pour sa dévotion envers l’humanité. Dans le même temps, un avocat spécialiste des lois sur les robots est retrouvé assassiné. Gesicht, un inspecteur-robot établit rapidement un lien entre les deux affaires en trouvant une paire de cornes apposée sur la tête des deux victimes. Cependant, les deux enquêtes sont dans une impasse : en examinant la scène du crime, il semble évident que l’avocat n’a pu être tué par un humain, et, d’après la loi robotique, aucun robot ne peut blesser un mortel ! Et quid de l’agresseur mystérieux de Mont Blanc, l’un des 7 robots les plus forts du monde dont Gesicht fait également partie ? L’auteur du brillant polar Monster invoque le dieu du manga Osamu Tezuka dans sa nouvelle série qui puise elle-même ses origines dans un célèbre épisode d’Astro Boy : le robot le plus fort du monde (disponible dans l’anthologie numéro 5 d’Astro Boy aux éditions Kana) Le tour de force d’Urasawa est d’avoir réussi à sublimer avec brio une histoire écrite il y a 50 ans.
Plus qu’un simple remake, l’œuvre réinvente le procédé du « story manga » propre à Tezuka. Il élargit les enjeux dramatiques et pose les bases d’une réflexion sur le genre humain et son devenir. En outre, son récit est parfaitement accessible à ceux qui ne connaîtraient pas l’histoire originale. Le dessin semi-réaliste sert à merveille l’ambiance policière aux relents métaphysiques, à l’instar de la première apparition d’Astro, emprunte de mélancolie et de fragilité. L’ensemble de l’intrigue gagne en maturité par rapport au matériel original. Pluto se positionne en incontournable, c’est une entrée idéale dans l’univers de la bande dessinée japonaise.
Pierre Pulliat
Autre avis : Il s’agit d’un véritable hommage rendu au « dieu du manga » et à l’une de ses œuvres phares. Le mangaka a su s’inspirer du titre original puis se l’approprier totalement pour en faire un remarquable thriller. Le trait d’Urasawa est à la fois très réaliste et très dynamique. Le lecteur sera surpris de découvrir à la fin de ce premier volume, Astro dessiné par Urasawa. Cette lecture « futuriste » questionne notre société dans le rapport à l’autre, l’humanité, la vision que nous avons de l’enfance, etc. Avec ce titre à découvrir d’urgence, Urasawa gravit un échelon supplémentaire dans la catégorie des auteurs indispensables de la bande dessinée mondiale.
Sébastien Féranec |
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