Imprégnation
David Almond
traduit par Diane Ménard,
Gallimard Jeunesse, 2010
262 p.
978-2-07062-722-6
Genre
Roman psychologique
Mots clés
Art
Violence
Parcours de lecture
Et après
Chroniqué dans la revue n°134
Juin 2010
 
Imprégnation  
Cet été-là, dans la campagne du Nord de l’Angleterre, Liam et son ami Max prennent plaisir à se perdre dans la nature et à s’inventer des jeux de guerre et de recherche de trésor… En suivant un choucas, ils découvrent un bébé abandonné sur des ruines. Après avoir été placée dans une famille d’accueil, la petite fille sera adoptée par les parents de Liam. Le temps d’un été, l’adolescent va se lier avec Crystal, une punkette paumée et Oliver, un enfant soldat du Libéria ; il va voir Max grandir et s’éloigner ; et surtout il va se confronter à la sauvagerie du terrible Gordon Natrass. Le père de Liam, écrivain, s’empare de l’histoire du bébé abandonné, et sa mère, artiste, débute un travail sur la représentation du corps adolescent meurtri.
Une fois encore, David Almond nous éblouit. L’auteur nous offre un roman à l’atmosphère envoûtante et troublante : nature omniprésente, croyances et pouvoirs d’un autre temps, personnages déséquilibrés ; le surnaturel n’est jamais bien loin. Ce que décrit ici l’auteur, c’est la fin de l’enfance. Il en rend admirablement les rites et les jeux, dans toute leur cruauté et sauvagerie. David Almond poursuit sa réflexion sur la violence et la barbarie : qui est le sauvage ? Il y adjoint également une interrogation sur l’acte de création. Le style, parfaitement maîtrisé – phrases courtes, écriture des sens – nous emporte. L’ambiance, les scènes et les personnages ainsi créés ne peuvent s’oublier et nous accompagnent longtemps.
Hélène Sagnet

 


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